L’administration française est épatante.
Quand elle n’est pas inerte, elle s’ingénie à excuser, voire à faciliter la vie des tricheurs, et en même temps accabler ceux qui jouent le jeu de l’honnêteté. Ce sont d’ailleurs souvent les mêmes fonctionnaires qui sont, selon le sujet, arrangeant jusqu’à la cécité ou exigeant et pointilleux jusqu’à
l’abus de pouvoir.

Parfois, l’artifice de divertissement, qui (ne l’oublions jamais) est de l’explosif, et souvent des plus dangereux, est considéré comme compatible avec un assouplissement de la réglementation, même en situation de menace terroriste.
Parfois, le même explosif est considéré comme tellement dangereux qu’il est du devoir du fonctionnaire, pour assurer son parapluie, d’exiger bien plus que ce qui lui est dicté par la réglementation.

Etat de droit à géométrie variable.

Exprimé dans la même langue de bois et des éléments de langage réversibles, le traitement des déclarations de spectacles pyrotechniques à atteint cette année des sommets. Avec cependant une grande diversité car tous les fonctionnaires aux manettes ne sont pas, heureusement, à mettre dans le même sac.

Certains fixent des distances de sécurité forfaitaires pour les articles de catégorie F4 alors que les textes précisent que c’est de la responsabilité du tireur, l’homme (qui devrait être) de l’art.

Certains décident, tout seul, qu’on ne peut rien tirer à proximité de certains bâtiments. Décision souvent sélective qui n’est pas la même lorsqu’il s’agit d’une petite commune ou d’une grosse agglomération, surtout si le premier magistrat à le bras long.

La plupart pinaillent. C’est là qu’on se rend compte qu’ils n’y connaissent rien et ne veulent rien y connaître, l’objectif n’étant pas l’intérêt du citoyen mais d’accumuler le maximum de précautions, même irréalistes, même mieux irréalisables, afin de ne pas engager la responsabilité du fonctionnaire. « La parapluie est ouvert ? Parfait. Et tant pis pour l’usager, l’administré, le public, le contribuable… »

En résumé l’administration n’impose pas à ses exécutants d’avoir une approche sensée, respectueuse des réglementations sans surenchère, de façon à faciliter la vie des français, les aider à s’y retrouver dans le fatras des textes et surtout dans leurs innombrables interprétations souvent contradictoires.

A l’opposé, le traitement des déclarations d’exploitation de moyens de stockage remises par les commerçants en feux d’artifices relève du laxisme le plus éhonté au mépris de la sécurité des français, l’administration se dissimulant derrière les arguments les plus pittoresques. Cela va de « on ne les connaît pas » à « on manque de personnel » en passant par « ils nous ont dit qu’ils sont en règle », « ils sont livrés le jour du tir sur le site de tir », « ils ne stockent que de très petites quantités, et encore pas longtemps », ou encore le remarquable « c’est de l’explosif, oui, mais pas de l’explosif dangereux, c’est pour le divertissement ». Et la meilleure : « vous savez, la situation économique de la France est telle qu’il ne faut pas mettre de contrainte sur les entreprises ».

Mais au fait, les entreprises qui respectent ces contraintes, comment font-elles ? Parce que, ouvrons une parenthèse, il est difficile pour un citoyen d’obtenir des renseignements statistiques sur son métier, car en France tout est secret et tout cas pas mis à la disposition de tous. Seuls les fonctionnaires ont libre accès aux informations et il leur est très facile d’avoir tous les renseignements possibles et imaginables.

Rappelons nous l’adage, « l’information est une force », d’où son corollaire pour le pouvoir « Moins ils en savent, plus c’est facile de les manipuler ». Fermons la parenthèse.

Ce qui est avéré, c’est que 97 % des entreprises faisant commerce de feux d’artifices sont en infraction caractérisées avec les réglementations sur les explosifs, et plus de 90 % sont des microentreprises (les mêmes). Or l’écrasante majorité de ces microentreprises résultent d’une activité secondaire. Le micro entrepreneur a le plus souvent une activité principale et arrondit ses fins de mois avec sa seconde activité.
Autrement dit, son statut de micro entrepreneur lui permet de faire une concurrence confortable mais déloyale aux entreprises qui respectent la réglementation. Le micro entrepreneur a pour vocation de gagner de l’argent, pas d’e dépenser.
A terme, l’entreprise en règle disparaîtra, et son personnel avec, au profit d’une multitude de micro entreprises très peu professionnelles mais profiteuses de l’aubaine suivante : l’administration qui se mêle de leur faciliter la vie par son déni de la réalité. Et comme le respect de la réglementation coûte cher, eh bien on l’oublie.

L’administration devrait veiller à ce que tout le monde respecte la réglementation sur les explosifs. Mais non, elle se retranche derrière les postures citées plus faut. En résumé, l’administration, dans ce second cas, adopte une position diamétralement opposée à celle du premier cas, on ne sait rien, on n’a rien vu, c’est une autre façon d’activer le parapluie.
Pendant ce temps les français se débrouillent comme ils peuvent, sachant qu’ils ne peuvent faire justice eux même. En tout cas ils doivent payer taxes, impôts et prélèvement aussi fantaisistes que variés qui permettent aux fonctionnaires de prospérer en ronronnant.

« Un attentat faisant des victimes a été commis avec une bombe artisanale à base d’explosif prélevés sur des artifices de divertissement, volés dans le dépôt clandestin d’un micro entrepreneur par ailleurs honorablement connu »…. « Ha ben, vous m’en direz tant » répond le fonctionnaire depuis sa forteresse. « Si on avait su on serait intervenu. Mais bon chef, je ne savais pas qu’il avait un dépôt sauvage, il disait toujours qu’il est livré le jour du tir sur le lieu du tir, et puis on manque de personnel pour contrôler tout le monde ».
Pas de chance pour les victimes.

Et pas de chance pour les entreprises vertueuses qui endossent une sale renommée.
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